Que faire de toutes les photos après la perte d’un animal
Dans les semaines qui suivent la mort d’un animal, le téléphone devient un champ de mines. Vous faites défiler jusqu’en septembre dernier pour retrouver une recette, et une vidéo où on le voit endormi sur le tapis s’ouvre à la place. Vous supprimez une vieille photo pour libérer de l’espace et vous en découvrez trois mille autres derrière. La Pellicule est pleine de quelqu’un qui ne reviendra pas.
On nous demande souvent : que faire de toutes les photos ? Voici ce que nous avons observé chez les familles pour lesquelles nous réalisons des cadres commémoratifs.
La première réponse : ne faites rien, pas encore
Après une perte, l’instinct est d’organiser — de donner au chagrin un endroit où aller. Vous supprimez les doublons, archivez des albums entiers, créez des diaporamas commémoratifs à deux heures du matin. Presque tous ceux qui font cela le regrettent dans les six mois qui suivent. Une photo qui vous laissait indifférent en mars vous semble précieuse en août.
Attendez de pouvoir passer dix minutes devant votre pellicule sans pleurer. C’est à ce moment-là qu’il faut commencer à faire le tri, pas avant.
La sélection de dix
Quand vous êtes prêt : ouvrez la pellicule, réglez un minuteur sur trente minutes et choisissez dix photos. Juste dix. Le critère n’est pas la meilleure photo — le critère, c’est ça lui ressemble.
Cette sélection constitue votre ensemble de travail. C’est ce que vous utiliserez pour un tirage encadré commémoratif, un petit album pour la table de chevet, la photo que vous envoyez à la famille qui l’a aussi perdu, le fond d’écran de verrouillage si vous en gardez un. Tout le reste reste dans la pellicule. Ne supprimez rien.
Ce qu’il faut imprimer
Une seule photo mérite le cadre. Les autres appellent un petit album — physique, pas une vidéo — qui vit sur l’étagère ou la table de chevet. L’album compte parce qu’on peut le prendre en main : on l’ouvre par une soirée difficile et on le referme. Un cadre habite la pièce ; un album tient la main.
Et les vidéos ?
Les vidéos sont plus difficiles. Nous ne vous recommandons pas de les trier la première année — l’image en mouvement porte le deuil autrement que l’image fixe. Gardez-les. Ne les supprimez pas. Ne réalisez pas de vidéo hommage. Le jour viendra où vous voudrez les entendre ronfler ; laissez ce jour venir.
La photo pour le cadre
Choisissez celle qui vous fait d’abord sourire. Le portrait dans le cadre sera la photo que vous verrez le plus souvent — sur la cheminée, sur le bureau, près de la bouilloire — pendant des décennies. Une photo qui porte la joie vieillit mieux qu’une photo qui porte la fin. Le chagrin n’est pas dans l’image ; le chagrin est en vous. Mettez la joie au mur.
Une note sur la plaque gravée
Si vous commandez un tirage encadré avec un nom et une série d’années gravés en dessous, les années sont les années où il a été avec vous. Certains utilisent sa durée de vie entière ; d’autres utilisent les années où il a été le vôtre. Les deux sont justes.
Lorsque vous serez prêt à choisir la photo et à passer commande, nous vous enverrons une épreuve numérique du tirage pour validation, et nous n’imprimons pas avant votre accord. Si nous estimons que la photo ne restituera pas sa ressemblance, nous vous le dirons et vous demanderons d’en envoyer une autre. Le portrait lui ressemble, ou il ne part pas.